Le Port autonome de Cotonou (PAC) poursuit sa transformation et consolide son rôle de hub logistique ouest-africain. Les chiffres du premier semestre 2025 témoignent de cette dynamique : Il a enregistré une performance remarquable au premier semestre 2025, avec 6,7 millions de tonnes de marchandises manutentionnées, soit une hausse spectaculaire de plus de 63 % par rapport à l’année précédente. Un niveau inédit qui confirme sa position stratégique dans le commerce régional.

Cette progression est le résultat d’investissements ciblés en infrastructures, notamment la modernisation des quais, l’augmentation des capacités de stockage et l’optimisation des procédures douanières. La gestion déléguée des terminaux et la digitalisation des opérations ont également permis de réduire les délais et d’accroître la compétitivité.
A noter aussi, que le port bénéficie de sa position géographique stratégique, servant de principale porte maritime pour le Niger et une plateforme d’échanges pour le Burkina Faso et le Mali.

Selon les données de la Direction générale du Port autonome de Cotonou (PAC), l’activité portuaire a retrouvé, au deuxième trimestre 2025, des niveaux comparables, voire supérieurs, à ceux enregistrés avant la fermeture de la frontière nigérienne. Sur l’ensemble du premier semestre 2025, 404 navires commerciaux ont accosté à Cotonou, contre 338 sur la même période en 2024, soit une progression de près de 20 %

Les importations, estimées à 4,09 millions de tonnes, affichent une progression de 46 % par rapport au premier semestre 2024, confirmant le rôle de Cotonou comme porte d’entrée majeure des biens de consommation et des intrants industriels pour la sous-région. Mais c’est surtout l’essor des exportations qui retient l’attention : 2,15 millions de tonnes, soit plus du double des volumes de l’an dernier (1,07 million). Une performance qui s’explique par la campagne agricole 2024/2025 et par la montée en puissance de la zone économique spéciale de Glo-Djigbé.

Le repositionnement du port sur l’échiquier régional

Dans un contexte où Lomé et Tema absorbent une part importante du trafic, le franchissement de la barre des 400 navires en six mois revêt une portée symbolique dans le contexte concurrentiel du Golfe de Guinée. Il traduit non seulement l’amélioration des capacités opérationnelles du Port autonome de Cotonou, mais aussi la confiance renouvelée des chargeurs internationaux malgré la fermeture des frontières avec le Niger.
Les opérateurs économiques saluent désormais une chaîne logistique plus fluide et un environnement opérationnel plus attractif.
Pour les autorités portuaires, ce rebond n’est pas une fin en soi, mais une étape.
Au-delà des statistiques, c’est une véritable reconquête qui se joue sur les quais béninois. Un signal fort, à la fois pour l’économie nationale et pour la compétitivité du port face à ses rivaux du Golfe de Guinée.

Avec les travaux d’expansion en cours et l’arrivée de nouveaux opérateurs, le port ambitionne de dépasser les 15 millions de tonnes d’ici deux ans.

Bertin Djitrinou